PER à la retraite : pourquoi il ne faut pas forcément le liquider trop vite

Le Plan d’Épargne Retraite, plus connu sous le nom de PER, est souvent présenté comme une solution pour préparer sa retraite. Pendant la vie active, il permet de se constituer une épargne de long terme tout en bénéficiant, dans certains cas, d’un avantage fiscal à l’entrée grâce à la déduction des versements du revenu imposable.

Mais une fois arrivé à la retraite, une question importante se pose : faut-il récupérer tout le capital disponible sur son PER, ou au contraire le conserver ?

La réponse n’est pas automatique. Dans certains cas, liquider totalement son PER peut être intéressant pour disposer rapidement de liquidités. Mais dans d’autres situations, il peut être préférable de sortir progressivement, de conserver une partie du contrat, voire d’utiliser le PER comme un véritable outil de transmission.

L’enjeu est donc de ne pas voir le PER uniquement comme un produit à “fermer” à la retraite, mais plutôt comme un outil patrimonial qui peut répondre à plusieurs objectifs : compléter ses revenus, lisser sa fiscalité, préserver son capital et organiser sa transmission.

1. LE PER : UN OUTIL DE RETRAITE, MAIS AUSSI DE GESTION PATRIMONIALE

À l’origine, le PER a pour vocation de permettre à l’épargnant de préparer sa retraite. Pendant la phase d’épargne, les sommes versées peuvent être déduites du revenu imposable, dans certaines limites. Cette déduction peut être particulièrement intéressante pour les contribuables fortement imposés.

En contrepartie, au moment de la sortie, les sommes récupérées sont fiscalisées. C’est précisément pour cette raison qu’il faut être attentif à la manière dont le PER est liquidé.

Une sortie totale en capital peut entraîner une fiscalité importante sur une seule année. À l’inverse, une sortie fractionnée permet d’étaler les retraits dans le temps et d’adapter les sommes récupérées aux besoins réels du retraité.

Objectif du clientSolution envisageableIntérêt principal
Besoin immédiat de liquidités importantesSortie totale en capitalRécupérer rapidement l’épargne disponible
Besoin progressif de revenus complémentairesSortie fractionnée en capitalLisser les retraits et éviter une fiscalité trop concentrée
Besoin d’un revenu régulierSortie en rente viagèreSécuriser un revenu à vie
Volonté de transmettre un capitalConservation du PER assurancePréserver le contrat et désigner des bénéficiaires
Besoin de souplesseCombinaison capital, rachats partiels et renteAdapter la stratégie à la situation personnelle

L’intérêt du PER à la retraite dépend donc avant tout de la situation du client : son niveau d’imposition, ses besoins de revenus, son patrimoine existant, son âge, sa situation familiale et ses objectifs de transmission.

2. POURQUOI ÉVITER DE SORTIR TOUT LE CAPITAL EN UNE SEULE FOIS ?

À la retraite, certains épargnants souhaitent récupérer l’intégralité de leur PER en capital. Cette solution peut sembler simple : le contrat est liquidé, le capital est disponible, et l’épargnant peut ensuite l’utiliser ou le réinvestir.

Mais cette solution peut avoir un inconvénient important : elle concentre la fiscalité sur une seule année.

Lorsque les versements ont été déduits à l’entrée, la part correspondant aux versements est imposée à l’impôt sur le revenu au moment de la sortie. Les gains générés par le contrat sont également fiscalisés, au PFU désormais fixé à 31,4 % depuis le 1er janvier 2026 (12,8 % d’impôt sur le revenu et 18,6 % de prélèvements sociaux).

Autrement dit, plus le capital sorti est important, plus l’impact fiscal peut être significatif.

Exemple simplifié : sortie totale du PER

Prenons l’exemple d’un épargnant qui dispose d’un PER valorisé à 120 000 € au moment de la retraite.

HypothèseMontant
Capital disponible sur le PER120 000 €
Versements ayant été déduits à l’entrée90 000 €
Gains réalisés sur le contrat30 000 €
Mode de sortie choisiSortie totale en capital
ConséquenceFiscalité concentrée sur une seule année

Dans cette situation, l’épargnant récupère bien son capital, mais il déclenche immédiatement la fiscalité sur l’ensemble de la somme sortie. Si ses autres revenus restent importants l’année de la sortie, l’opération peut peser fortement sur son imposition.

C’est pourquoi la sortie totale n’est pas toujours la meilleure solution, surtout lorsque le client n’a pas besoin de tout le capital immédiatement.

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3. LE CAPITAL FRACTIONNÉ : UNE SOLUTION POUR LISSER LA FISCALITÉ ET LES REVENUS

L’une des stratégies les plus intéressantes consiste à ne pas liquider le PER en une seule fois, mais à organiser une sortie progressive.

On parle alors de sortie en capital fractionné ou de rachats partiels, lorsque le contrat le permet. L’idée est simple : au lieu de récupérer 100 % du capital à la retraite, le client retire uniquement ce dont il a besoin, année après année.

Cette solution présente plusieurs avantages.

D’abord, elle permet de lisser la fiscalité. En étalant les retraits, on évite de faire remonter trop fortement le revenu imposable sur une seule année.

Ensuite, elle permet de conserver une partie de l’épargne investie. Le capital non retiré peut continuer à être valorisé selon les supports choisis.

Enfin, elle offre une vraie souplesse : le client peut ajuster ses retraits en fonction de ses besoins, de ses autres revenus et de son niveau d’imposition.

Exemple : sortie totale ou sortie fractionnée ?

Prenons un PER valorisé à 120 000 €. Le client n’a pas besoin de tout récupérer immédiatement. Il souhaite simplement compléter ses revenus pendant les premières années de retraite.

Dans cet exemple, la sortie fractionnée permet d’éviter un retrait massif. Le client conserve une partie de son PER, tout en récupérant progressivement du capital pour financer ses besoins.

SolutionMontant retiré la première annéeCapital restant investiEffet principal
Sortie totale120 000 €0 €Fiscalité concentrée immédiatement
Sortie fractionnée sur 6 ans20 000 € par anCapital restant progressivement investiFiscalité étalée dans le temps
Sortie ponctuelle selon les besoinsVariableUne partie du PER reste investieSouplesse maximale

Cette stratégie est particulièrement adaptée aux retraités qui disposent déjà d’autres revenus : pension de retraite, revenus fonciers, dividendes, assurance-vie ou autres placements.

4. UNE LOGIQUE DE “DOUBLE EMPLOI” : REVENUS COMPLÉMENTAIRES ET TRANSMISSION

Le PER peut également répondre à un double objectif.

D’un côté, il peut servir à compléter les revenus du retraité. De l’autre, il peut rester en place pour être transmis aux bénéficiaires désignés en cas de décès.

Cette logique est particulièrement intéressante lorsque le client n’a pas besoin de récupérer immédiatement l’intégralité de son épargne.

Utilisation du PER à la retraiteObjectif
Retirer une partie du capitalFinancer un projet ou compléter ses revenus
Laisser une partie investieContinuer à faire travailler le capital
Désigner des bénéficiairesOrganiser la transmission
Ne pas liquider totalement le contratConserver un outil patrimonial

L’idée n’est donc pas de choisir uniquement entre “tout sortir” ou “ne rien sortir”. Il existe une voie intermédiaire : utiliser le PER progressivement, tout en conservant une partie du contrat pour la transmission.

Cette stratégie suppose toutefois que les conditions générales du contrat permettent des retraits partiels tout en maintenant le PER ouvert. C’est un point essentiel à vérifier avant toute décision.

5. CONSERVER SON PER POUR TRANSMETTRE : DANS QUELS CAS EST-CE INTÉRESSANT ?

Le PER assurance peut aussi être utilisé comme outil de transmission. Contrairement au PER compte-titres, qui intègre la succession, le PER assurance permet de désigner des bénéficiaires au contrat.

À la retraite, si le titulaire n’a pas besoin de récupérer son épargne, il peut donc choisir de conserver son PER afin de le transmettre à ses bénéficiaires.

Un point essentiel doit être souligné : pour le PER assurance, c’est l’âge du titulaire au moment du décès qui détermine le régime fiscal applicable, et non l’âge au moment des versements, contrairement à l’assurance-vie.

En cas de décès avant 70 ans, les capitaux transmis relèvent de l’article 990 I du CGI : chaque bénéficiaire profite d’un abattement de 152 500 €, puis les sommes sont taxées à 20 % (et 31,25 % au-delà de 700 000 €).

En cas de décès après 70 ans, c’est l’article 757 B qui s’applique : un abattement global de 30 500 € est partagé entre tous les bénéficiaires, puis l’intégralité du capital (versements et gains compris) est soumise aux droits de succession selon le lien de parenté.

Attention également : la loi de finances pour 2026, promulguée le 20 février 2026, a supprimé la déductibilité fiscale des versements effectués sur un PER à compter de 70 ans. Il n’est donc plus possible d’alimenter tardivement son PER en cumulant avantage fiscal à l’entrée et transmission. La stratégie de conservation reste valable, mais elle doit être construite avant cet âge.

Cette stratégie peut être pertinente dans plusieurs situations :

Le PER devient alors un outil patrimonial à part entière. Il ne sert pas seulement à percevoir un complément de revenus : il peut aussi permettre d’organiser la destination du capital non consommé.

6. COMPARAISON : LIQUIDER SON PER OU LE CONSERVER ?

Prenons un exemple inspiré du document transmis.

SituationIntérêt de conserver le PER
Le conjoint ou partenaire de PACS est bénéficiaireTransmission sans taxation pour le conjoint ou partenaire de PACS
Les enfants ont déjà reçu ou recevront une assurance-vie importanteLe PER peut compléter la stratégie de transmission
L’abattement de 152 500 € en assurance-vie est déjà utiliséAttention : en cas de décès avant 70 ans, l’abattement de 152 500 € de l’article 990 I est commun à l’assurance-vie et au PER assurance pour un même bénéficiaire. S’il est déjà saturé, les capitaux du PER seront taxés à 20 % dès le premier euro. Cet argument ne vaut donc réellement qu’en cas de décès après 70 ans, où le PER bascule sur un régime distinct (article 757 B).
Le client n’a pas besoin de revenus immédiatsLe capital peut rester investi
Le client souhaite éviter une sortie fiscalement lourdePas de liquidation immédiate du PER

Un épargnant a versé 100 000 € sur son PER. À la retraite, son PER vaut environ 134 400 €. Deux solutions sont possibles.

Première solution : il liquide son PER, paie la fiscalité liée à la sortie, puis réinvestit le capital net sur un contrat d’assurance-vie.

Deuxième solution : il conserve son PER, ne déclenche pas la fiscalité de sortie immédiatement, et le contrat continue à se valoriser jusqu’au décès.

Hypothèse 1 : liquidation du PER puis réinvestissement en assurance-vie

ÉlémentMontant indicatif
Valeur du PER à la retraite134 400 €
Fiscalité liée à la sortie du PER51 802 €
Capital pouvant être réinvesti après fiscalité et frais81 770 €
Valeur du contrat d’assurance-vie après revalorisation103 600 €
Prélèvements sociaux au décès sur les intérêts3 756 €
Capitaux décès nets transmis99 844 €

Dans cette hypothèse, la liquidation du PER entraîne une fiscalité immédiate importante. Le capital réinvesti est donc plus faible que la valeur initiale du PER.

L’assurance-vie peut toutefois rester intéressante, notamment lorsque les bénéficiaires n’ont pas encore utilisé l’abattement de 152 500 € applicable aux versements réalisés avant 70 ans.

Hypothèse 2 : conservation du PER

ÉlémentMontant indicatif
Valeur du PER à la retraite134 400 €
Fiscalité immédiate à la sortie0 €, si le PER n’est pas liquidé
Valeur du PER après revalorisation170 300 €
Prélèvements sociaux au décès sur les intérêtsNon dus en l’état actuel des textes
Capitaux transmis au conjoint ou partenaire de PACS170 300 €
Capitaux transmis à un autre bénéficiaire, selon hypothèse de taxation136 240 € (hypothèse retenue : décès avant 70 ans, abattement de 152 500 € déjà entièrement consommé par ailleurs, taxation à 20 % au titre de l’article 990 I. En cas de décès après 70 ans, le calcul serait différent : abattement global de 30 500 € puis droits de succession selon le lien de parenté)

Dans cette seconde hypothèse, le PER est conservé. La fiscalité de sortie n’est donc pas déclenchée du vivant du titulaire. Le capital reste investi et peut être transmis au décès.

L’intérêt est particulièrement important lorsque le bénéficiaire est le conjoint ou le partenaire de PACS, puisqu’il bénéficie d’une exonération. Il peut également être intéressant pour les enfants ou d’autres bénéficiaires lorsque l’assurance-vie a déjà été largement utilisée dans la stratégie de transmission.

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7. TABLEAU DE SYNTHÈSE : INTÉRÊT DE CHAQUE SOLUTION

Chaque solution peut avoir un intérêt. L’objectif n’est pas de dire que le PER doit toujours être conservé ou toujours liquidé, mais de choisir la solution la plus adaptée au besoin du client.

SolutionPour quel besoin ?Avantage principalPoint de vigilance
Sortie totale en capitalBesoin immédiat de liquiditésSimplicité et disponibilité immédiateFiscalité concentrée sur une seule année
Sortie fractionnée en capitalCompléter progressivement ses revenusLissage fiscal et souplesseVérifier que le contrat autorise les retraits partiels
Sortie en rente viagèreSécuriser un revenu régulierRevenu versé à viePerte de disponibilité du capital selon les modalités
Conservation du PERPréserver le capital et transmettrePas de fiscalité de sortie immédiateFiscalité au décès à analyser selon l’âge et les bénéficiaires
Combinaison capital + rente + transmissionRépondre à plusieurs objectifsStratégie patrimoniale sur mesureNécessite une analyse globale du patrimoine

8. PER, ASSURANCE-VIE, CONTRAT DE CAPITALISATION : TROIS OUTILS DIFFÉRENTS

Le PER ne remplace pas l’assurance-vie ou le contrat de capitalisation. Ces outils sont complémentaires, mais ils ne répondent pas exactement aux mêmes objectifs.

L’assurance-vie reste un outil de référence pour préparer la transmission, notamment grâce à l’abattement de 152 500 € par bénéficiaire pour les versements réalisés avant 70 ans.

Le PER, lui, peut devenir intéressant lorsque cet abattement est déjà utilisé — en gardant toutefois à l’esprit que cet abattement est partagé entre l’assurance-vie et le PER assurance en cas de décès avant 70 ans. C’est surtout en cas de décès après 70 ans que le PER offre un régime réellement distinct de celui de l’assurance-vie —, ou lorsque le client souhaite éviter de liquider un contrat qui a bénéficié d’une déduction fiscale à l’entrée.

À noter également : depuis le 1er janvier 2026, les prélèvements sociaux sur les gains du PER sont passés à 18,6 %, tandis que l’assurance-vie a été maintenue à 17,2 %. Cet écart de 1,4 point modifie légèrement l’arbitrage entre les deux enveloppes du vivant du titulaire.

Le contrat de capitalisation peut également être pertinent dans certaines stratégies patrimoniales, notamment en cas de donation ou d’organisation du patrimoine sur le long terme.

OutilIntérêt principalFiscalité en cas de décèsUsage patrimonial
PER assurancePréparer la retraite puis éventuellement transmettreDépend notamment de l’âge au décès et des bénéficiairesIntéressant si le contrat est conservé et si la sortie n’est pas nécessaire
Assurance-vieÉpargner, transmettre, garder de la souplesseFiscalité favorable avant 70 ans avec abattement de 152 500 € par bénéficiaireOutil central de transmission
Contrat de capitalisationOrganiser le patrimoine et préparer une transmissionIntègre la successionPeut être utile dans certaines stratégies de donation

La bonne stratégie consiste souvent à combiner plusieurs enveloppes plutôt qu’à en privilégier une seule.

9. EXEMPLE GLOBAL : UN RETRAITÉ QUI VEUT À LA FOIS DES REVENUS ET TRANSMETTRE

Prenons l’exemple d’un retraité disposant d’un PER de 150 000 €.

Il n’a pas besoin de récupérer tout son capital immédiatement, mais il souhaite disposer d’un complément de revenus pendant les premières années de retraite. Il souhaite aussi transmettre une partie de son patrimoine à son conjoint puis à ses enfants.

Plusieurs stratégies sont possibles.

StratégieFonctionnementConséquence
Sortir 150 000 € immédiatementLiquidation totale du PERCapital disponible, mais fiscalité immédiate importante
Sortir 15 000 € par an pendant 10 ansCapital fractionnéRevenus complémentaires progressifs et fiscalité lissée
Sortir 50 000 € puis conserver 100 000 €Solution mixteLiquidités immédiates + maintien d’un capital investi
Conserver le PER sans retraitTransmission prioritaireCapital transmis aux bénéficiaires au décès
Transformer une partie en renteRevenu régulier à vieSécurisation d’un complément de retraite

Dans ce cas, la solution la plus équilibrée pourrait être de ne sortir qu’une partie du capital, tout en conservant le reste du PER.

Le retraité peut ainsi répondre à trois objectifs : disposer de liquidités, lisser sa fiscalité et conserver une enveloppe transmissible.

Cette approche est souvent plus fine qu’une liquidation totale du contrat.

10. LA RENTE VIAGÈRE : UNE SOLUTION À NE PAS ÉCARTER

La sortie en rente viagère peut également être envisagée. Elle consiste à transformer tout ou partie du capital du PER en revenu régulier versé à vie.

Cette solution peut intéresser les clients qui souhaitent sécuriser un complément de revenus durable, notamment lorsqu’ils veulent éviter de consommer trop rapidement leur capital.

Avantages de la renteLimites de la rente
Revenu régulier à vieCapital moins disponible
Sécurisation du niveau de vieMoins de souplesse qu’une sortie en capital
Adaptée aux besoins récurrentsTransmission plus limitée selon les options choisies
Possibilité d’options de réversion selon les contratsConditions à analyser attentivement

La rente peut donc être pertinente, mais elle ne doit pas être choisie automatiquement. Elle peut aussi être combinée avec une sortie partielle en capital.

Par exemple, un client pourrait récupérer une partie de son PER en capital pour financer un projet, transformer une autre partie en rente pour sécuriser ses revenus, et conserver le solde dans une logique de transmission si le contrat le permet.

 

 

11. L’IMPORTANCE DE LA CLAUSE BÉNÉFICIAIRE

Lorsque le PER est conservé dans une logique de transmission, la clause bénéficiaire devient un élément essentiel.

Elle permet de désigner les personnes qui recevront le capital en cas de décès. Elle doit donc être rédigée avec attention, en cohérence avec la situation familiale et les objectifs patrimoniaux du client.

Une clause bénéficiaire mal rédigée peut créer des difficultés : bénéficiaires non adaptés, répartition imprécise, absence de prise en compte d’un conjoint, d’enfants, d’une famille recomposée ou d’un objectif particulier.

Situation familialePoint d’attention
Couple mariéVérifier la protection du conjoint
Enfants communsOrganiser la répartition entre conjoint et enfants
Famille recomposéeÉviter les déséquilibres ou conflits
Absence d’enfantDésigner clairement les bénéficiaires
Volonté de favoriser une personne spécifiqueAdapter la clause bénéficiaire

Le PER ne doit donc pas être analysé uniquement sous l’angle fiscal. Il doit aussi être cohérent avec la stratégie successorale globale.

12. LES POINTS DE VIGILANCE AVANT DE CONSERVER SON PER

Conserver son PER peut être intéressant, mais cette stratégie doit être analysée avec précision.

Plusieurs points doivent être vérifiés.

Point à vérifierPourquoi c’est important
Nature du PER : assurance ou compte-titresLe traitement successoral n’est pas le même
Possibilité de retraits partielsIndispensable pour combiner revenus et transmission
Fiscalité en cas de sortieImpact direct sur le capital réellement disponible
Âge du titulaireInfluence le traitement fiscal en cas de décès
Bénéficiaires désignésDétermine la transmission du capital
Autres contrats d’assurance-viePermet de savoir si les abattements sont déjà utilisés
Supports immobiliers dans le PERAttention à l’impact potentiel à l’IFI lorsque le PER devient rachetable
Besoin réel de revenusÉvite de sortir plus que nécessaire

Une décision pertinente nécessite donc une analyse globale, et non une simple comparaison entre deux produits.

 

CONCLUSION

Le PER est souvent perçu comme un produit que l’on alimente pendant la vie active, puis que l’on liquide au moment de la retraite. En réalité, son utilisation peut être beaucoup plus stratégique.

À la retraite, le PER peut permettre de récupérer un capital, mais il peut aussi être utilisé progressivement, afin de lisser la fiscalité et d’adapter les retraits aux besoins réels du client.

Il peut également être conservé dans une logique de transmission, notamment lorsque le client n’a pas besoin de récupérer immédiatement l’ensemble de son épargne ou lorsque l’assurance-vie a déjà été largement utilisée.

La bonne stratégie consiste donc à se poser les bonnes questions :

Ai-je besoin de tout le capital immédiatement ? Est-il préférable de sortir progressivement ? Dois-je transformer une partie du PER en rente ? Mon contrat permet-il des retraits partiels ? Qui sont les bénéficiaires désignés ? Quelle est la place du PER dans ma stratégie globale de transmission ?

Le PER ne doit pas être considéré uniquement comme un produit de retraite, mais comme un véritable outil patrimonial. Bien utilisé, il peut permettre de combiner revenus complémentaires, lissage du capital, optimisation fiscale et transmission aux bénéficiaires.

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2026-07-02T16:05:19+02:00
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