C’est une question qui revient régulièrement en rendez-vous de fin d’année : vaut-il mieux investir sur un PER ou faire du Girardin pour réduire ses impôts ?
En réalité, les deux dispositifs n’ont pas du tout la même logique.
Les deux peuvent être intéressants, mais pas forcément pour les mêmes profils ni pour les mêmes objectifs.

Le PER est avant tout un outil d’épargne long terme, souvent utilisé pour préparer la retraite tout en réduisant progressivement son imposition.
Le Girardin industriel, lui, répond davantage à une logique d’optimisation fiscale immédiate, avec un fonctionnement beaucoup plus court et plus ponctuel.
Comprendre cette différence de logique est essentiel avant de choisir.

1. LE PER : UNE LOGIQUE D’ÉPARGNE LONG TERME

Le PER séduit beaucoup d’épargnants pour une raison assez simple : les versements réalisés peuvent être déduits du revenu imposable.
Mais il est important de rappeler un point essentiel : l’argent investi sur un PER a vocation à rester bloqué jusqu’à la retraite (hors cas exceptionnels prévus par la loi).
Autrement dit, le PER permet à la fois :

  • de réduire son imposition,
  • et de se constituer progressivement un capital long terme.

Cette logique convient souvent bien :

  • aux personnes qui préparent leur retraite,
  • aux contribuables ayant une capacité d’épargne régulière,
  • ou à ceux qui souhaitent construire un patrimoine financier dans la durée.

Le PER est donc avant tout un outil patrimonial de long terme, et pas uniquement un produit de défiscalisation.

2. LE GIRARDIN : UNE LOGIQUE FISCALE BEAUCOUP PLUS IMMÉDIATE

Le fonctionnement du Girardin industriel est très différent.
Ici, il ne s’agit pas de bloquer une épargne pendant plusieurs années pour préparer la retraite.
Le mécanisme repose plutôt sur une logique d’optimisation fiscale immédiate : l’investisseur réalise une opération ponctuelle afin d’obtenir une réduction d’impôt dès l’année suivante.
C’est notamment ce qui explique pourquoi le Girardin est souvent utilisé lors :

  • d’une année particulièrement fiscalisée,
  • d’une forte hausse de revenus,
  • d’un versement exceptionnel de dividendes,
  • d’un bonus important,
  • ou après une cession d’entreprise.

Le Girardin répond donc davantage à une problématique fiscale court terme, alors que le PER s’inscrit dans une logique patrimoniale long terme.

3. DEUX OUTILS, MAIS PAS LE MÊME OBJECTIF

C’est souvent là qu’il y a une confusion.
Le PER et le Girardin permettent tous les deux de réduire l’impôt, mais ils ne répondent pas au même besoin patrimonial.

Le PER

  • construit une épargne dans le temps,
  • prépare la retraite,
  • et s’inscrit dans une logique de long terme.

Le Girardin

  • vise une réduction fiscale immédiate,
  • avec un horizon beaucoup plus court,
  • sans objectif d’épargne à long terme.

Dans certains cas, les deux dispositifs peuvent même être complémentaires.

4. ALORS, LEQUEL CHOISIR ?

En pratique, tout dépend surtout :

  • de votre niveau d’imposition,
  • de votre capacité d’épargne,
  • de votre horizon de placement,
  • et de vos objectifs patrimoniaux.

Une personne qui souhaite préparer sa retraite progressivement n’aura pas forcément les mêmes besoins qu’un chef d’entreprise cherchant à optimiser fortement sa fiscalité sur une année donnée.
C’est d’ailleurs pour cette raison qu’il est souvent difficile de répondre de manière générale sans analyser la situation dans son ensemble.

5. NOTRE APPROCHE CHEZ IB GESTION PRIVÉE

Chez IB Gestion Privée, nous essayons justement d’éviter les réponses toutes faites.
Le sujet n’est pas de dire que le PER est « meilleur » que le Girardin, ou inversement.
L’important est surtout de comprendre dans quel contexte chaque solution peut être pertinente.
Dans certains cas, le PER sera parfaitement adapté. Dans d’autres, le Girardin pourra avoir davantage de sens. Et il arrive également que les deux dispositifs soient utilisés de manière complémentaire dans une stratégie patrimoniale globale.

CONCLUSION

PER et Girardin sont deux dispositifs efficaces pour réduire ses impôts, mais ils ne poursuivent pas le même objectif : le premier construit un patrimoine de long terme en préparant la retraite, le second apporte une réduction fiscale immédiate sur une année donnée.
Le bon choix ne dépend donc pas du dispositif en lui-même, mais de votre situation : niveau d’imposition, capacité d’épargne, horizon et objectifs.
Comme souvent en gestion de patrimoine, la qualité du conseil repose surtout sur l’adéquation entre la solution proposée et la situation réelle du client.

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